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Etude Deloitte : «90 % des Français pour le RAC zéro, 70 % pour un effort Sécu+complémentaires »

Selon la récente étude Santé 2018 de Deloitte-Opinionway, 90 % des Français jugent la réforme du RAC zéro « primordiale ou importante » et 70% estiment qu’elle doit être financée conjointement par la Sécurité sociale et les complémentaires. Au vu de ces résultats, Jean-François Poletti, associé Conseil en charge de l’activité Assurance de personnes chez Deloitte, constate que les Français connaissent beaucoup mieux le système de santé à deux étages qu’on ne pourrait le croire. Il estime qu’après l’accord sur le dentaire, les mutuelles ont un rôle à jouer pour que les prix hors RAC zéro soient plus abordables (dents du fond en céramique, notamment). Il note aussi qu’elles ont une carte à jouer en matière de prévention car 30% des Français les voient comme « légitimes » dans ce domaine, contre 8% pour les assureurs.
 – Votre étude montre qu’il y a une forte adhésion des Français à la mise en place d’un panier sans reste à charge en optique-dentaire-audio. Comment analysez-vous cela ?

Il est vrai que l’étude révèle une demande impressionnante des Français d’un reste à charge (RAC) zéro dans ces trois domaines : 90% des personnes interrogées jugent cette mesure « primordiale ou importante ».  La réforme est donc plébiscitée.  Cela fait écho à une autre réponse de notre étude : 64% des personnes interrogées ont le sentiment d’une augmentation de leur reste à charge depuis l’ANI (généralisation de la complémentaire en entreprise) et le nouveau contrat responsable de 2016 qui prévoie des plafonds de remboursement par les complémentaires. Plus généralement, cette appétence pour le RAC zéro montre qu’il y a un problème d’accès aux soins sur ces trois postes. Notre étude montre ainsi des taux de satisfaction bas ou très bas en matière de remboursement par la complémentaire : 54% pour l’optique/lunettes, 55% pour les soins dentaires et 25% pour l’appareillage audio. Des chiffres à mettre en regard avec un taux de satisfaction élevé pour la consultation d’un médecin généraliste (85%). 

– Que pensez-vous de l’accord RAC zéro sur le dentaire ?

Deux syndicats de chirurgiens-dentistes, l’UD et la CNSD, ont en effet accepté de signer la nouvelle convention qui va mettre en place un RAC zéro sur les prothèses dentaires à partir du 1er janvier 2020. C’est très positif, compte tenu de la très grande demande des Français à cet égard. Mais aussi parce que l’offre proposée est de qualité : des dents du sourire en céramique. On devrait, selon les premières estimations, avoir un panier RAC zéro qui représente 45% des soins prothétiques, un panier maîtrisé pour 25% des prothèses et un panier haut de gamme pour 30%. Désormais, on peut considérer qu’il y a deux problématiques à résoudre pour les mutuelles : quelle va être la place de leurs réseaux de soins dans ce contexte ; et comment ne pas trop augmenter leurs tarifs pour le panier maîtrisé et haut de gamme. Les mutuelles ont un rôle à jouer sur le panier maîtrisé, c’est-à-dire pour que les prix des prothèses dans ce cadre soient plus abordables.  

– Votre étude montre que 70% des Français pensent que la réforme du RAC zéro doit être financée « de façon conjointe par la Sécurité sociale et les assurances complémentaires (mutuelles et assurances santé) ». Ce résultat vous a surpris ? 

En effet, cela montre que les Français connaissent mieux le système de santé qu’on ne pourrait le croire. Ils ont bien conscience que le système est à deux étages et ils prennent en compte les contraintes financières qui pèsent sur le régime de base et les complémentaires. On peut dire que les Français sont raisonnables. A noter que seuls 21% d’entre eux ont répondu que le RAC zéro devait être financé « en totalité par la Sécurité sociale » et 8% d’entre eux « en totalité par les complémentaires ». Nous pensons que cette connaissance des Français sur le système a été renforcée par la communication des complémentaires autour de l’ANI. Depuis l’entrée en vigueur de l’ANI, le 1er janvier 2016, 20% des personnes interrogées disent avoir souscrit à une couverture supplémentaire et 17% disent envisager d’y recourir. Là aussi, c’est la preuve d’une bonne maîtrise du système.

– Selon votre étude, 30% des Français estime que « les mutuelles sont légitimes pour intervenir en matière de prévention ». Comment voyez-vous les choses à ce sujet ?

D’abord, il faut souligner qu’à côté de ce taux de 30% associant mutuelles et prévention, nous n’avons que 8% des personnes interrogées qui pensent que les assureurs sont légitimes pour faire de la prévention. C’est une distinction notable. On peut penser que les Français font la différence entre les modèles de gouvernance de ces deux types de structure. Il faut savoir que sur ce sujet de la prévention, notre enquête place ainsi les mutuelles en première position derrière les professionnels de santé et devant les infirmiers. Les mutuelles ont manifestement une carte à jouer en matière de services et d’accompagnement dans le parcours de soins. Il y a une attente des Français et elles sont jugées « légitimes ».

 

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