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« Le gouvernement choisit la charité et fractionne la société » pour la FMF

Pour la Fédération des Mutuelles de France, « En choisissant une politique de la charité pour répondre au mouvement des « gilets jaunes », l’Exécutif s’enferme dans sa vision d’une société irrévocablement injuste ».

Dans un texte particulièrement offensif, la Fédération des Mutuelles de France (FMF) prend la parole pour la deuxième fois depuis le début du conflit : « Le mouvement des « gilets jaunes » est divers et complexe, mais une expression claire traverse l’ensemble des revendications : l’exigence de justice sociale et de réduction des inégalités. En réponse à ces demandes, le président de la République a préféré une démarche démagogique, ponctuée de mesures limitées à une partie seulement des catégories sociales concernées. Il choisit ainsi la charité et continue de fractionner la société. Les prochaines semaines diront si cette manœuvre a fonctionné ou pas. Mais dans tous les cas, l’absence de réponse réelle au profond malaise social exprimé ne peut conduire qu’à de nouvelles exaspérations et, tôt ou tard, à de nouvelles mobilisations. », écrivent les représentants de la Fédération.

 « Outre le caractère limité des mesures annoncées, leur mode de financement est inacceptable. », assure la FMF qui poursuit : « L’inégalité devant l’impôt, l’injustice fiscale, l’avantageuse flat tax et la suppression de l’impôt sur la fortune, qui accroissent encore la distorsion d’imposition entre les revenus du travail et les revenus du capital, ont été tout simplement ignorées. Les plus riches échappent de plus en plus au devoir de solidarité. S’étant accaparés la plus grosse part du « gâteau », il ne reste plus qu’à en repartir charitablement les miettes entre tous les autres. Les mesures annoncées en sont un nouvel exemple. Elles seront financées par les fonds publics ou par la Sécurité sociale, sans que les plus favorisés mettent la main à la poche. Dans ce jeu à somme nulle, toute dépense nouvelle conduira inéluctablement à une réduction des moyens de financement des services publics et des politiques sociales. »

Des mesures hypocrites 

Concernant la Sécurité sociale, la Fédération fait part de sa révolte sur les dernières décisions qui ont été prises : « L’ensemble des nouvelles exonérations de cotisations annoncées, est évalué à 6,5 milliards d’euros. La loi de financement de la Sécurité sociale 2019 a supprimé l’obligation pour le gouvernement de compenser les exonérations de cotisations qu’il décide. C’est donc, en grande partie, la sécurité sociale qui assumera, sur son budget déjà insuffisant, les décisions mal préparées de M. Macron.  Par ailleurs, alors qu’elle a décidé la création d’une nouvelle taxe sur les complémentaires santé à compter du 1er janvier 2019 qui s’ajoute aux taxes existantes et qu’elle renoue avec une politique de transfert de charge de la Sécu sur la mutualité, la ministre de la santé se permet d’accuser les mutuelles de « sabotage » parce qu’elle les contraint à augmenter leurs cotisations. 

Le dispositif mal nommé «100 % santé», d’apparence généreuse, ne réduira pas les difficultés d’accès à la santé. Il va au contraire les accroître pour une partie significative de la population. Il ne contient, en effet, aucun moyen de lutte contre les dépassement de tarifs et d’honoraires en médecine de ville et hospitalière, n’apporte aucune solution aux 4 millions de Français qui n’ont pas de complémentaire santé, et aboutira à un insupportable accroissement des taxes pour les mutualistes qui n’auront pas les moyens d’assumer une couverture prenant en charge les dépassements en optique, dentaire et audio-prothèse. »

Face à cette crise grave, le mouvement appelle les militants mutualistes à « prendre part au débat public. Non seulement à celui, aux contours encore flous, organisé par le gouvernement dans les mois qui viennent, mais plus généralement à aller à la rencontre de nos concitoyens et des élus. Grace à son action, la mutualité contribue à la régulation du coût de la santé, permet concrètement l’accès aux soins là où le système libéral a renoncé et fait vivre un modèle économique solidaire et durable sans autre actionnaire que ses adhérents bénéficiaires. Les sociétés doivent s’émanciper du dogme ultra-libéral pour apporter des solutions concrètes aux citoyens. »

François Fillonhttp://www.vivamagazine.fr
Directeur de la rédaction du magazine Viva, François Fillon s’intéresse à l’économie sociale et plus particulièrement aux questions de protection sociale.

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