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Les Mutuelles de France porteront leurs propositions à l’Assemblée nationale

La Fédération des mutuelles de France appelle ses délégués à débattre et à se rassembler le 5 mars devant l’Assemblée nationale pour porter leurs propositions aux députés. Rencontre avec leur président, Jean-Paul Benoit.

La Fédération des mutuelles de France organise des dizaines de débats et de rencontres dans toute la France, particulièrement dans la semaine du 4 au 9 mars. Pourquoi cet engagement dans le cadre du grand débat national ?

Le mouvement social de ces derniers mois a mis en lumière les difficultés importantes d’une grande partie de nos concitoyens. Parmi celles-ci, les problèmes d’accès à la santé sont croissants. Pourtant, ce thème n’a pas eu l’heur d’être retenu par le président de la République pour son étriqué « grand débat ». C’est le résultat de la volonté d’enfermer ce débat dans le cadre idéologique néolibéral : « Vous voulez plus d’impôt sur les moins nantis ou moins de service public ? » Il y a une tentative de piper les dés a priori. Nous ne nous laisserons pas piéger dans cette dialectique thatchériste. C’est pour cela que nous avons décidé d’échanger, pas avec ceux désignés par la majorité parlementaire, mais avec l’ensemble de nos adhérents, et plus largement avec tous ceux qui le voudront.

La Mutualité française a engagé une démarche similaire, avec un temps fort du 4 au 9 mars. Notre campagne a d’ores et déjà commencé, mais nous veillerons à l’intensifier lors de cette semaine particulière, pour que les questions de santé et de solidarité soient bien audibles jusque dans les donjons du pouvoir. En particulier, nous appelons les délégués mutualistes à se rassembler le 5 mars devant l’Assemblée nationale pour porter leurs propositions aux députés.

A un moment où le pouvoir d’achat fait la une de l’actualité, le montant des cotisations mutualistes est régulièrement montré du doigt. Pourquoi ces coûts élevés et comment y remédier ?

Les cotisations financent trois choses : les prestations, des services aux adhérents et des taxes. Seul le coût des services aux adhérents, que certains appellent improprement « frais de gestion », est maîtrisé et a même baissé ces dernières années. Les prestations et taxes, qui représentent ensemble plus de 85 % de la cotisation mutualiste, ne cessent de progresser. C’est le résultat d’une politique : le transfert de prises en charge de la Sécu vers les mutuelles et la multiplication des taxes sur les cotisations mutualistes.

Nous sommes désormais le pays d’Europe de l’Ouest dont le régime obligatoire de couverture santé laisse le plus fort reste à charge aux assurés sociaux. Pour aggraver encore cette situation, les complémentaires santés sont désormais plus taxées que les produits de luxe. Ces deux tristes records et la casse des solidarités intergénérationnelles par les couvertures obligatoires d’entreprise, ont fait flamber les cotisations à un niveau qui ne permet plus de garantir à tous l’accès aux soins.

Nouvelle taxe, projets de résiliation de contrat à tout moment… on sent le gouvernement à la charge contre le mouvement mutualiste. Qu’en est-il ?

Dans sa volonté de ne rien changer de fondamental dans sa politique de préservation des inégalités au profit d’une caste étroite de privilégiés, le gouvernement et sa majorité multiplient les manœuvres dilatoires et les enfumages. La mutualité, comme tous les autres corps intermédiaires, lui paraît un bouc émissaire pratique. C’est ce qui explique l’agressivité verbale de quelques ministres et parlementaires soigneusement briefés. Le marché libéral et la concurrence dans le domaine de la santé et de la protection sociale augmentent les coûts et multiplient les inégalités. Les préjugés d’école de commerce, qui guident la majorité actuelle, sont extrêmement dangereux pour notre système solidaire.

Au-delà des petites phrases et des rodomontades, les faits sont têtus. Si rien n’est changé au laisser-faire qui conduit à la déliquescence de l’offre de soins, à la destruction de l’offre hospitalière publique et à la réduction continue de la Sécurité sociale, les problèmes majeurs que connaît notre système de santé ne feront que croître. Face à des gouvernants irresponsables, qui se font élire, font leur petit tour de théâtre de marionnettes et disparaissent, les mutuelles assurent en continu, depuis des décennies, la réponse aux besoins de leurs adhérents qui les ont fondées pour cela. Au-delà des écumes éphémères politico-médiatiques, nous continuerons à porter avec constance et détermination l’intérêt général : la défense de la Sécurité sociale au plus haut niveau et le déploiement de l’accès aux soins partout et pour tous. 

François Fillonhttp://www.vivamagazine.fr
Directeur de la rédaction du magazine Viva, François Fillon s’intéresse à l’économie sociale et plus particulièrement aux questions de protection sociale.

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