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Vers la fin du numerus clausus ?

La suppression du numerus clausus pourrait être annoncée le 18 septembre dans le cadre de la présentation de la réforme du système de soins.

Selon France Info, le gouvernement pourrait annoncer la suppression du numerus clausus le 18 septembre dans le cadre de la présentation de la réforme sur la transformation du système de soins.

Le numerus clausus est de plus en plus ouvertement remis en cause. Fixé à 7 500 étudiants par an  – il était de 10 000 par an dans les années 1960 – , il ne permet ni de pallier les départs à la retraite  des médecins, ni d’anticiper la demande en soins qui augmente avec le vieillissement de la population et l’explosion des maladies chroniques. De plus, une grand partie de ces  diplômés n’exercent pas sur le terrain. On les retrouve dans la recherche, salariés de laboratoires pharmaceutiques, d’organisations statistiques ou dans les médias, mais pas auprès des patients.  Enfin, les nouvelles générations (50 % de femmes) aspirent à mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle et n’imaginent plus travailler 13 heures par jour, 7 jours sur 7 comme leurs aînés. Le nombre de généralistes, en particulier, s’écroule. Il a chuté de 10 % en dix ans et cette baisse devrait encore s’accroître avec la masse des départs en retraite. 

Un système pour « bêtes à concours »

Autre critique et non des moindres, les épreuves du concours de médecine sont libellées de telle manière qu’elles favorisent plus les « bachoteurs » que les élèves ayant une vocation réelle pour cette profession.  Le processus éreintant, bien décrit par le film la Première Année de Thomas Lilti actuellement sur les écrans, privilégie les « bêtes à concours », pas  l’empathie ni l’humanité, pourtant indispensables à qui prétend vouloir prendre soin des autres.

« Médecine » laisse donc sur le carreau des centaines de jeunes gens qui auraient, très probablement, pu faire d’excellents médecins.

Ce verrou entraîne également de nombreux effets pervers. Beaucoup de jeunes Français partent faire leurs études en Belgique, en Roumanie ou dans les pays où les conditions d’admission sont moins drastiques. A l’inverse, les hôpitaux français et les petites villes situées dans des déserts médicaux tentent par tous les moyens d’atttirer chez eux des médecins étrangers. On marche sur la tête.

Supprimer le numerus clausus ne sera pas pour autant le sésame permettant un meilleurs accès aux soins pour tous et sur le territoire. Il doit s’inscrire dans un projet plus global. Quel sera-t-il ? Réponse le 18 septembre.

 

Anne-Marie Thomazeau
Rédactrice en chef adjointe du magazine Viva, Anne-Marie Thomazeau est spécialisée dans la protection sociale et l’économie de la santé.

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