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La chirurgie ambulatoire augmente en France

Son taux est passé de 38 % en 2008 à 54 % en 2016, selon la Drees. Mais de grandes disparités existent selon les départements.

Du point de vue des patients (en tout cas pour un certain nombre d’entre eux), la chirurgie ambulatoire permet de réduire l’exposition aux infections nosocomiales et conduit à une plus grande satisfaction. Du point de vue des institutions, elle permet de mieux maîtriser les coûts par rapport à l’hospitalisation complète. C’est pourquoi son développement est devenu un axe important des politiques publiques de santé. La mise en place d’une tarification unique d’abord pour quelques pathologies en 2009 s’est généralisée en 2014.

Le potentiel de développement de la chirurgie ambulatoire paraît faible pour deux catégories d’interventions : celles dont le taux d’ambulatoire est déjà très élevé (cataracte, chirurgies de la main ou du poignet) et celles pour lesquelles la pratique ambulatoire est peu adaptée, du fait de la complexité des cas et du petit nombre de séjours concernés (chirurgies du rachis ou de la thyroïde). Pour les autres pathologies dont les taux d’ambulatoire sont très inégaux selon les départements, il existe un potentiel d’ambulatoire comme par exemple pour les chirurgies transurétales ou celles de la cheville ou du pied.

Tous les départements ont vu leur taux de chirurgie ambulatoire progresser entre 2008 et 2016. Les disparités départementales de chirurgie ambulatoire se sont réduites au cours de cette période. Toutefois elles subsistent selon le type d’intervention chirurgicale. Certains départements comme Mayotte, la Nièvre, les Alpes-de-Haute Provence, la Seine-Saint-Denis, le Val d’Oise, ont un taux d’ambulatoire qui dépasse ou avoisine 80 % en 2016 quand ce taux est de 60 % dans le département de l’Orne ou encore de 48 % en Guyane.

Plusieurs déterminants influencent le recours à une chirurgie ambulatoire plutôt qu’une hospitalisation complète. La chirurgie ambulatoire est moins fréquente pour les patients plus âgés ou poly-pathologiques. Le degré de complexité des interventions influence aussi ce mode de prise en charge. La proximité du lieu d’hospitalisation est aussi un facteur en faveur d’une plus grande prise en charge en ambulatoire. Des caractéristiques liées directement aux établissements, comme leur taille, jouent aussi un rôle : les petites structures prennent en charge davantage en ambulatoire.

Chiffres clés

  • 6, 3 millions de séjours de chirurgie en 2016
  •  En 2017, un peu moins des deux tiers des séjours de chirurgie ambulatoire sont réalisés dans les cliniques privées
Anne-Marie Thomazeau
Rédactrice en chef adjointe du magazine Viva, Anne-Marie Thomazeau est spécialisée dans la protection sociale et l’économie de la santé.

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