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Les médecins généralistes plaident pour le 116-117

Alors que les docteurs Carli et Mesnier s’apprêtent à livrer les premiers résultats de leur mission sur les urgences, MG France a rappelé lors d’une Conférence de presse que rien ne serait possible sans la participation active des médecins généralistes.

Si Jacques Battistoni, président de MG France se déclare solidaire des personnels soignants dans les services d’urgences, il estime que « cette crise est révélatrice du dysfonctionnement du système de santé dans son ensemble et la politique du tout hospitalier depuis 1958».

Pour les représentants des généralistes, les patients se rendent aux Urgences parce qu’ils n’arrivent pas à trouver des rendez-vous en ville, ou parce qu’ils savent qu’ils auront besoin de biologie ou d’imagerie. 50 % des visites aux Urgences sans caractère de gravité ont lieu en journée. Pour elles, le numéro unique 116- 117 dédié à la régulation des demandes de soins non programmés pourrait être une bonne réponse.

Mis en place il y a 4 ans par la loi Touraine, le 116-117 n’existe à ce jour que dans trois régions tests : Normandie, Indre et Loire et Corse. En Occitanie, le 3966, organisé sur les mêmes bases, a démontré son utilité en faisant baisser les entrées aux Urgences.

MG France demande donc une généralisation de ce numéro sur tout le territoire et une cotation spécifique pour les actes réalisés à la demande de ce centre de régulation des appels. Cette cotation devrait inciter les médecins généralistes à adapter leurs agendas déjà chargés à ces demandes de soins, dans le cadre des organisations territoriales, CPTS, qui se mettent en place progressivement. 

Le syndicat demande aussi une revalorisation des consultations à domicile aujourd’hui fixée à 35 euros. «A ce tarif là, le médecin perd de l’argent sur chaque visite, déplore Jacques Battistoni.

« On ne peut construire une politique de santé sur le bénévolat des médecins » s’indigne Jean-Louis Bensoussan, Secrétaire général de MG France.

Le syndicat revendique également un élargissement de la prise en compte des visites longues et complexes pour les patients atteints de maladie neurodégénératives. Rémunérées à 60 euros + 10 euros de déplacements, elles sont limitées à trois par an et par patient : «Elles représentent aujourd’hui 177 000 visites sur 18 millions de consultations, ce qui est totalement déconnecté des besoins réels. explique le docteur Margot Bayart, vice présidente de MG France : Cela se chiffrerait certes en plusieurs millions mais représenterait un coût qui permettrait de faire des économies extrêmement importantes sur les Urgences».

Anne-Marie Thomazeau
Rédactrice en chef adjointe du magazine Viva, Anne-Marie Thomazeau est spécialisée dans la protection sociale et l’économie de la santé.

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