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Thierry Beaudet : « les dépenses hospitalières sont devenues le premier poste de remboursement des mutuelles »

Thierry Beaudet, président de la Mutualité française, faisait ce 19 septembre,  sa rentrée devant les journalistes de l’Ajis, Association des journalistes de l’information sociale. Il présentait le dernier « observatoire Place de la santé » et répondait aux questions d’actualité.

 « Les dépenses hospitalières sont loin d’être supportées à 100% par la Sécurité sociale, elles sont devenues le premier poste de remboursement des mutuelles, avec 24% de leurs remboursements. » assure Thierry Beaudet, président de la Mutualité française. 

Si entre 2001 et 2017 la dépense hospitalière a augmenté de 3,2%, le même taux que les remboursements hospitaliers pris en charge par la Sécurité sociale (3,2%), les remboursements pris en charge par les complémentaires ont bondi, eux, de 5,3%. C’est ce qui ressort de l’édition 2019 de l’observatoire santé de la Mutualité française. 

Le président de la Mutualité insiste particulièrement sur le reste à charge sur les chambres particulières qui ne ressort d’aucune statistique publique. Il représente aujourd’hui entre 1 milliard et 1,5 milliard. « C’est une dépense contrainte pour les Français qui varie bien sûr en fonction du séjour mais également des régions. Nous allons demander que la chambre particulière soit prise en compte dans la CSBM consommation de soins et biens médicaux » insiste Thiery Beaudet. Pour lui, il est urgent que cette donnée soit visible.

« On est passé de 6000 mutuelles dans les années 90, à un peu plus de 250 aujourd’hui. ET CE, sans casse sociale. »

Aujourd’hui, une personne sur 6 connait une hospitalisation dans l’année. Avec un reste à charge qui augmente avec l’âge pour atteindre 880 euros en moyenne pour les plus de 80 ans, soit le double de la moyenne nationale qui s’établit à 396 euros. 

Des chiffres qui varient beaucoup d’un département à l’autre : de 115 euros dans le Haut-Rhin à 428 euros dans l’Orne, soit 4 fois plus. Des disparités de reste à charge qui s’expliquent par la différence de prix facturés.

Frais de gestion : pas de solution miracle

Interrogé sur les frais de gestion des mutuelles, le président de la mutualité française précise : « le gouvernement a fait des choix en pensant qu’en stimulant la concurrence, les prix allaient baisser. Moi je pense qu’il se trompe. Il y a 400 acteurs de la concurrence santé. Si l’un d’eux trouve la martingale pour baisser ses frais de gestion, il ne s’en privera pas face aux autres… mais si aujourd’hui personne n’a trouvé cette solution miracle, c’est qu’elle n’existe pas. »

Le président rappelle qu’il faut avant tout savoir ce que l’on met dans ces frais de gestion. « Les coûts de la règlementation sont importants. Les petites mutuelles qui recrutent aujourd’hui le font pour répondre aux nouvelles règlementations. Notamment Solvabilité 2. » Et il aime rappeler qu’en quelques années le monde des mutuelles a su s’adapter. « On est passé de 6000 mutuelles dans les années 90, à un peu plus de 250 aujourd’hui, sans casse sociale. Nous avons fait évoluer des métiers, nous avons investi de nouveaux domaines. Est-ce que ce travail a une valeur aujourd’hui ? »

Au sujet du prochain Projet de loi de financement de la sécurité sociale Plfss, Thierry Beaudet regrette que « nous soyons toujours dans une logique budgetaire alors que nous le système est à bout de souffle. La crise des urgences en étant le dernier symptôme. Nous pensons qu’il faut aujourd’hui repenser le système de soins. Il y a besoin d’investir dans le système de santé, ce système budgétaire touche à ses limites… » Enfin, s’exprimant sur a mise ne place du dispositif Reste à charge 0, dit « 100% santé », le président de la Mutualité assure : « Nous pensons que, globalement, en 2020, il ne devrait pas y avoir d’augmentation significative des dépenses dues à  la mise en place du reste à charge 0. En clair, il nous semble que les cotisations des mutuelles ne devraient pas être impactées par le reste à charge 0. »

François Fillonhttp://www.vivamagazine.fr
Directeur de la rédaction du magazine Viva, François Fillon s’intéresse à l’économie sociale et plus particulièrement aux questions de protection sociale.

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