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Les Français plus que jamais attachés à leur modèle social

A l’occasion du cinquantième anniversaire de l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis), une enquête AG2R La Mondiale-Harris interactive publie une étude sur les attentes des Français en matière de protection sociale .
Comment les Français perçoivent-ils leur modèle social aujourd’hui ? Comment pensent-ils que celui-ci va évoluer à l’avenir ? Quels sont pour eux les axes prioritaires d’amélioration ? Quelles sont leurs attentes spécifiques envers les différents acteurs de la protection sociale ? Telles sont, entre autres, les interrogations auxquelles cette étude tente d’apporter des éléments de réponse.

 

 
 

    • Près de 9 Français sur 10 (87%) se disent attachés au « modèle social français » (dont 41% « très attachés » et 46% « plutôt attachés »). A noter que ce score est en hausse de 5 points par rapport à 2012. Celui-ci est particulièrement élevé chez les personnes âgées de 50 ans et plus, ainsi que chez les cadres / professions libérales et les salariés du public.
    • Que mettent les Français derrière cette notion de « modèle social » ? C’est avant tout la Sécurité sociale permet de protéger et de prévenir les aléas de la vie », « C’est un moyen d’aider les plus modestes à se soigner »). Néanmoins, certains s’interrogent sur la pérennité d’un système coûteux 
    • Près de 2 Français sur 3 (63%) estiment que leur système actuel de protection sociale fonctionne bien, en particulier, là encore, parmi les personnes les plus âgées et les cadres / professions libérales. C’est particulièrement vrai concernant des éléments comme le salaire minimum et les mutuelles / complémentaires santé (74% des Français estiment que chacun de ces 2 éléments « fonctionne bien »), mais aussi l’Assurance Maladie (68%), les allocations familiales (66%) et la prévoyance (64%). Le jugement est toutefois plus mitigé en ce qui concerne le fonctionnement des services publics et du système de retraites par répartition (51% chacun).
    • Néanmoins, 61% d’entre eux considèrent que ce système s’est dégradé au cours des 5 dernières années, et ils sont également de plus en plus nombreux à estimer que les garanties offertes par celui-ci ne sont pas assez importantes (36%, contre 25% en 2012), notamment parmi les femmes, les personnes âgées de 35 à 49 ans et les catégories populaires.
    • Par ailleurs, si l’on se projette dans le futur, près de 2 Français sur 3 (64%) ne se disent pas confiants pour l’avenir du système de protection sociale. Une forte incertitude associée au sentiment que ce modèle s’est dégradé, mais aussi entretenue par le fait que les Français se montrent partagés sur l’action à venir du gouvernement dans ce domaine : plus d’1 personne sur 2 estime que celui-ci prend mal en compte les enjeux de protection sociale dans son action en général (53%), et que les mesures annoncées en la matière vont « plutôt dans le mauvais sens » (51%).
    • Pour réduire le déficit de la Sécurité sociale, les Français ne souhaitent ni augmenter les prélèvements sociaux, ni diminuer les remboursements sur les prestations médicales 
    • En matière de financement, les Français sont partagés entre 2 options principales. La première, celle de la continuité, avec une protection sociale toujours financée principalement par des cotisations sociales, taxes et impôts, est privilégiée par 43% des Français . La deuxième, celle de l’ajustement du modèle, avec un financement toujours appuyé sur les cotisations sociales, mais donnant une plus grande part aux financements à but non lucratif via des mutuelles et institutions de prévoyance, est choisie par 40% d’entre eux. La réticence reste donc forte envers l’augmentation des financements via des assurances privées, qui serait une option prioritaire pour seulement 17% des Français.
    • Qui doit prendre en charge les différents soucis que l’on peut rencontrer au cours de sa vie ? Confrontés à cette question, les Français font une distinction claire entre les problèmes majeurs qui doivent relever en priorité de l’Etat (perte d’emploi, enfant handicapé), les questions relevant de la solidarité et qui doivent être d’abord pris en charge par la Sécurité sociale et les mutuelles (lunettes, prothèses auditives, soins dentaires, maladies graves, accidents de voiture) et celles pour lesquelles la responsabilité individuelle est engagée, et qui devraient être d’abord couvertes par une assurance privée (maladies liées à des comportements à risque, accidents de ski) selon eux.
    • Par ailleurs, les Français se montrent très majoritairement favorables à la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale dédiée à la dépendance (85%). Concernant le financement de cette nouvelle branche, plus de la moitié des Français (56%) estiment qu’il devrait être pris en charge par l’Etat, mais seulement en partie, en étant complété par la souscription à une assurance privée / mutuelle à la charge des individus eux-mêmes, et que les retraités eux-mêmes devraient être mis à contribution.
    • Pour améliorer le système de protection sociale, les Français accordent avant tout leur confiance à la Sécurité sociale (70%) et aux mutuelles et institutions de prévoyance (65%)
    • Pour agir en faveur du contrôle des dépenses de santé, là encore ce sont la Sécurité sociale (71%) et les mutuelles et institutions de prévoyance (66%) qui suscitent le plus de confiance, mais aussi les médecins (68%)
    • Enfin, aux yeux des Français, l’organisation concrète des pratiques de santé revient avant tout aux médecins, de préférence à d’autres types d’acteurs (l’Etat, la Sécurité sociale, les patients, etc.).  

 

Anne-Marie Thomazeau
Rédactrice en chef adjointe du magazine Viva, Anne-Marie Thomazeau est spécialisée dans la protection sociale et l’économie de la santé.

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