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Que faut-il savoir sur les CPTS ?

Les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ont été créés en 2016 par Marisol Touraine. Elles ont pour but d’organiser les personnels de santé de ville à l’échelle des bassins de vie des populations. Elles n’ont connu jusqu’ici qu’un succès très relatif puisque seulement 20 ont été mises en place par les Agences régionales de santé (ARS) (chiffres juin 2018). Le plan du gouvernement “ma santé 2022” les met au coeur de son dispositif de réforme du système de santé, en particulier pour lutter contre les déserts médicaux. Elles devraient donc se développer de pair avec les nouveaux modes de financement des soins.

CPTS… Encore un sigle… Le système de soins français en est friand… Les patients moins, qui se trouvent de plus en plus plus démunis face à l’opacité d’une organisation et d’un parcours de soins dans lequel ils ont du mal à se repérer…  

Les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ont été créés en 2016 et ont pour but d’organiser les professionnels de santé de ville à l’échelle des bassins de vie des populations. La ministre de la santé, Agnès Buzyn, dans son plan “Ma santé 2022”,  souhaite en faire le pillier de la médecine de soins primaires dans les territoires reprenant les souhaits d’Emmanuel Macron : « Je veux précisément que l’exercice isolé devienne progressivement marginal, devienne l’aberration et puisse disparaître à l’horizon de janvier 2022 », avait déclaré le chef de l’Etat lors de la présentation du plan de réforme du secteur de la santé.

Une CPTS n’est pas un lieu….

Les patients ne pourront aller frapper à la porte de la CPTS. Il ne s’agit pas d’un lieu mais d’une organisation en réseau de professionnels de santé (médecins, infirmières, kinésithérapeutes, diététiciens, pharmaciens) ou médicos-sociaux sur un territoire. Elles auraient pour mission de mieux organiser l’accès aux soins. Elles pourraient ainsi apporter une réponse aux soins en ville non programmés mais aussi mener des actions de prévention des maladies chroniques, par exemple. Elles pourraient aussi être efficaces dans le cadre d’une coordination ville hôpital et dans le maintien à domicile. Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (1) y croit : «la CPTS a un rôle majeur à jouer dans la coordination de la sortie de l’hôpital d’un patient» tout comme il est persuadé que les pharmaciens doivent s’impliquer à fond dans ces communautés : « Aucun pharmacien ne doit manquer à l’appel et nous devons fédérer les professionnels autour de cette mission» .

Elles deviendraient sans doute également l’interlocuteur privilégié en ville des hôpitaux de proximité qu’Agnès Buzyn appelle de ses voeux mais dont le périmètre d’action précis n’est pas encore défini. Reste à convaincre les médecins de s’engager sur cette voie d’un travail plus collectif. Jacques Battistoni, président de MG France, en est conscient (2) : «Si aucun syndicat de médecins ne dit : “la CPTS c’est nul”, il faut maintenant faire preuve de pédagogie pour avancer». 

L’objectif de la Ministre de la santé est la création de 1000 CPTS dans les prochaines années autour de bassin de vie d’une population comprise entre 20 000 et 100 000 habitants. Celles ci pourraient prendre la forme d’une structure associative, coopérative ou autre, organisées par un professionnel coordonateur rémunéré pour cette fonction (700 euros par mois, par exemple, dans le cadre de la CPTS Falcon, du 13 e arrondissement de Paris).

Les CPTS seront aussi sans doute les structures privilégiées dans lesquelles seront développées les nouveaux modes de financement des soins aux forfaits destinés à rompre avec le paiement à l’acte, comme le préconise le rapport Aubert remis  à la Ministre de la santé.  

 

1 et 2) Déclarations lors des rencontres “Contrepoints de la santé” le 26 janvier 2019.

Anne-Marie Thomazeau
Rédactrice en chef adjointe du magazine Viva, Anne-Marie Thomazeau est spécialisée dans la protection sociale et l’économie de la santé.

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