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Thierry Beaudet : « Quand on augmente les dépenses des mutuelles, on augmente les dépenses de Français »

C’est par un discours particulièrement offensif que Thierry Beaudet ouvrait les journées de rentrée 2017 de la Mutualité française, s’en prenant à ceux qui continuent à utiliser les « vieilles ficelles du passé ».

En ouvrant les journées de rentrée 2017, à Nancy, Thierry Beaudet, président de la Mutualité française, déclarait combien ces deux jours  « sont une opportunité de penser ensemble et de faire ensemble. » Il rappelait que la Mutualité est avant tout un mouvement social : «  Oui, le mutualisme a l’ambition de faire société. Oui, le mutualisme est un projet citoyen. »

Rapidement, son discours prenait un ton plus offensif : « Mes amis, l’addition va être lourde… » ou encore  « Les dépenses de santé continuent à dériver chaque année. »

Prenant en exemple le passage de 18 à 20 euros du forfait hospitalier, il assurait qu’on semble aujourd’hui l’utiliser « comme une nouvelle taxe, via les mutuelles ». « On ne peut pas laisser dire que ce ne sont pas les Français qui paieront, quand on augmente les dépenses des mutuelles, on augmente les dépenses de Français », déclarait Thierry Beaudet. Ajoutant  : « Même s’il s’en défend, le gouvernement applique aujourd’hui les recettes du passé. »

Ancien monde. Le président de la Mutualité française rappelait  que le nouveau président de la République et son premier ministre disent vouloir « être à l’écoute de la société civile »…  Mais, questionnait Thierry Beaudet, « ne font-ils pas la distinction entre le nouveau monde et l’ancien ? Tout cela en nous classant l’ancien »…

Et il prenait quelques exemples pour étayer ses propos : « Le nouveau commissaire à l’Ess est issu de l’entreprenariat social. Pas du mutualisme, ni des associations. » Ou encore : « La ministre de la Santé n’a pas pensé associer la Mutualité au lancement de la stratégie nationale de santé. » Et aussi : « J’ai en mémoire notre rencontre avec le Premier ministre, qui assure ne pas avoir d’avis sur la mutualité, ni sur le mutualisme.  J’en déduis que nous ne sommes pas dans son champ de vision… »

Et, s’adressant directement à la ministre de la Santé, le président de la mutualité assurait : « Les vieilles ficelles qui consistent à ne rien changer sur le fond, à toujours reporter… ne sont pas à la hauteur des défis qui nous attendent. » « Il y en a assez aujourd’hui de faire financer par les mutuelles ce que la Sécurité sociale ne peut plus prendre à sa charge. »

Pour Thierry Beaudet, il faut aujourd’hui en finir avec les remèdes du type « transferts et coup de rabot ».  C’est ainsi qu’il appelle les mutualistes à se réunir pour que, d’ici à lfin de l’année, la Mutualité soit force de proposition : « Il nous faut être prêt en 2018 pour que notre congrès de juin s’impose dans l’agenda social. »

Et d’annoncer l’ouverture d’un observatoire national de santé avec le dispositif « Place de la santé ». Un espace qui diffuse dès aujourd’hui des données notamment sur les restes à charge selon les régions.

François Fillonhttp://www.vivamagazine.fr
Directeur de la rédaction du magazine Viva, François Fillon s’intéresse à l’économie sociale et plus particulièrement aux questions de protection sociale.

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