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L’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire compte sur le grand débat pour insuffler plus de social

L’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes)* veut se faire entendre à l’occasion du grand débat national. Alors que le début du quinquennat a été marqué par des coups portés aux associations via la suppression des trois quarts des contrats aidés, elle compte faire valoir son rôle essentiel sur les territoires par le biais des mutuelles, associations et coopératives. Elle demande des aides de l’Etat au remplacement des contrats aidés, à l’innovation sociale et à la transition écologique. Et alerte : attention à des baisses d’impôts qui conduiraient à des baisses de dépenses sociales. « Les dépenses sociales ne sont pas des charges mais des investissements. »

« Nous soutenons sans ambiguïté le grand débat national car l’Adn de l’économie sociale et solidaire (Ess), c’est la réponse aux besoins sur les territoires » a affirmé Hugues Vidor, président de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes), lors d’une conférence de presse le 18 janvier. L’Udes annonce ainsi qu’elle va travailler partout en France avec les chambres régionales de l’Ess. « Il n’y a pas d’obligation des employeurs de l’Ess de participer au grand débat, mais nous allons donner des outils à chacun pour qu’ils participent », a précisé Hugues Vidor.

            Il faut dire que les sujets de mécontentement sont nombreux face aux politiques publiques de la présidence Macron. Au premier rang desquels la suppression des trois quarts des contrats aidés qui sont passés de 350 000 à 100 000 en deux ans. « Les Tpe associatives souffrent de cette diminution brutale des contrats aidés. Beaucoup ont fermé la porte ou sont menacées. Nous avons alerté l’Elysée et Matignon au cours des mois passés, en vain. Cet affaiblissement du tissu associatif n’est pas forcément étranger à la grogne sociale des Gilets jaunes que nous vivons actuellement », a estimé pour sa part le directeur général de l’Udes, Sébastien Darrigrand. 

            Certes, l’Udes admet que quelques décisions vont dans le bon sens, comme le Pacte de croissance de l’Ess annoncé fin novembre « même s’il reste trop timide ». C’est le cas également du Plan santé qui prévoit la création de 1 000 communautés professionnelles territoriales de santé (Cpts) d’ici à 2022, de façon à organiser la médecine de ville et mieux répondre aux besoins de la population. « C’est intéressant de favoriser les liens entre professionnels de santé et cela peut permettre de lutter contre les déserts médicaux », a noté Sébastien Darrigrand. Dans un autre registre, l’Udes se dit favorable à la création d’un « revenu universel » prévu par le Plan pauvreté car « il y a un vrai sujet  sur la simplification des aides sociales pour les personnes les plus fragiles ». Et elle attend beaucoup de la réforme de la dépendance qui, selon Hugues Vidor, doit « passer par un financement fondé sur la solidarité nationale intergénérationnelle pour éviter un système à deux ou trois vitesses ».  

            Mais l’Udes veut plus que jamais faire valoir ses revendications à l’occasion du grand débat et, à l’issue de celui-ci, faire des « des propositions au gouvernement pour renforcer la cohésion sociale ». Déjà, elle demande à l’Etat des aides au remplacement des contrats aidés, des aides à l’innovation sociale ou encore des aides à la transition écologique. Et, bien sûr, elle demande de pouvoir être partie prenante des négociations interprofessionnelles rappelant que l’Ess représente plus de 10 % de l’emploi en France (2,3 millions d’emplois). Très mobilisée et décidée à se faire entendre « en ce début d’année très préoccupant », elle compte sur l’évolution de ses statuts actée en novembre dernier pour gagner en force et en légitimité : désormais l’Union accueille, aux côtés des syndicats et groupements d’employeurs, tout acteur de l’Economie sociale et solidaire quel que soit son statut (mutuelles, associations, coopératives). L’Association des assureurs mutualistes (Aam) l’a ainsi rejointe début janvier.

            Alors que s’amorce le grand débat, l’Udes se dit cependant inquiète sur un aspect de celui-ci : le risque d’une baisse des dépenses sociales pour octroyer des baisses d’impôts réclamées par les citoyens. « Si c’était le cas, nous irions au devant d’une augmentation de la détresse sociale. Les dépenses sociales ne sont pas des charges mais des investissements dans l’aide à domicile, dans l’insertion, dans la santé, dans le handicap… qui permettent d’éviter des coûts bien plus importants » a conclu Hugues Vidor.

 

* L’Udes rassemble 24 groupements et syndicats d’employeurs (associations, mutuelles, coopératives), soit 60 000 entreprises et 80 % des employeurs fédérés de l’économie sociale et solidaire.

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