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Comment l’ESS peut-elle s’imposer comme l’une des réponses pour sortir de la crise ?

Alors que la crise sanitaire, économique et sociale frappe durement la population, l’ESS peut-elle apporter une réponse aux besoins des Français ? C’était le thème d’un atelier de travail du Congrès des Mutuelles de France à Brest piloté par Bruno Forest, trésorier des Mutuelles de France et Myriam Blondy, coordinatrice de l’Ades 29.

«La crise a accentué les inégalités et frappé durement les plus fragiles de la société. Celle ci a aussi montré l’interdépendance qui lie les individus entre eux. Car la santé de tous dépend de la responsabilité de chacun et réciproquement» a introduit Bruno Forest, trésorier des Mutuelles de France. De nombreuses initiatives sont apparues. Le bénévolat s’est développé. La crise a mis à jour la nécessité de mettre en place des structures pérennes et de militantisme pour organiser la solidarité à l’échelle nationale et locale et le rôle des services publics, de  la protection sociale, et de l’économie sociale dont les salariés ont fait partie des premiers de corvée. L’économie sociale et solidaire peut elle  s’imposer comme une réponse pour sortir de la crise et construire l’avenir ? Bruno Forest le croit : «Pour  nous, l’ESS est une réponse à un monde plus solidaire, plus humain. Il s’agit aussi d’un véritable acteur de transformation sociale s’appuyant sur des principes forts de non lucrativité, de propriété collective et de démocratie».

L’Ess est plurielle même si elle partage les mêmes critères impliquant l’objet social, la gouvernance, des principes de gestion. Et si cette diversité est une chance, elle est aussi une difficulté pour rendre lisible un projet politique commun.

Les différentes familles de l’ESS ont du mal à porter une voix commune et ce cloisonnement la dessert car elle ouvre des brèches aux tenants du  libéralisme qui veut réduire l’ESS à une pratique entrepreunariale et d’engagement individuel.

«Nous invitons les ambassadeurs des mutuelles à venir expliquer leurs pratiques, en particulier aux plus jeunes».

Myriam Blondy coordinatrice à l’Adess 29 (une association qui réunit les acteurs de l’Economie sociale et solidaire et les porteurs de projet pour mieux répondre aux attentes des citoyens) le constate. «Tout comme les mutuelles, notre objectif est de transformer la société. Mais il est vrai que nous avons trop peu de contacts avec les acteurs historiques de l’économie sociale. Nous sommes demandeurs de créer des liens de proximité en invitant des ambassadeurs des mutuelles à venir à notre rencontre pour expliquer leurs pratiques en particulier aux plus jeunes». Les participants sont d’accord : Faire mieux connaître les valeurs mutualistes au monde de l’ESS au niveau local, régional mais aussi au niveau national au sein des instances de ESS France, un axe de travail fort à mettre en place.

Anne-Marie Thomazeau
Rédactrice en chef adjointe du magazine Viva, Anne-Marie Thomazeau est spécialisée dans la protection sociale et l’économie de la santé.

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