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Dépenses de santé : Le reste à charge des ménages diminue

La Drees a présenté ce mardi 10 septembre son Panorama des dépenses de santé en 2018. Un rapport qui constitue la première brique en vue de l’élaboration du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, qui sera discuté au Parlement à l’automne. Principaux enseignements de ce Panorama : le ralentissement des dépenses de santé (+1,5%), la baisse du reste à charge des ménages (7%) et la hausse des dépenses en optique accompagnée d’une meilleure prise en charge des organismes complémentaires sur ce poste (+1,4%). 

Selon le Panorama des dépenses de santé 2018 présenté par la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) ce 10 septembre, le ralentissement des dépenses de santé se confirme, leur croissance s’établissant à +1,5% en 2018 après un taux de +1,7% en 2017 (contre 3% en 2009 et 2,1% en 2012). « Une baisse qui s’explique par les volumes (moins d’actes de soins) et non par les prix, principalement un recul des soins hospitaliers : +0,8% en 2018 contre +1,6% en 2017 » a indiqué Jean-Cyprien Héam de la DREES. Ainsi, a-t-il précisé : « L’année 2018 est assez singulière car ce sont les soins de ville qui deviennent la principale source de l’augmentation des dépenses de santé. » Au total, les dépenses de santé, évaluées à travers la Consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) s’élèvent en 2018 à 203,5 milliards d’euros (8,6% du PIB), soit 3037 euros par habitant en moyenne. Et se répartissent de la façon suivante : 46% en soins hospitaliers, 27% en soins de ville, 16% en médicaments et 10% en divers-autres.

Plus spécifiquement, ce Panorama révèle une baisse du reste à charge des ménages qui s’établit à 7% des dépenses de santé contre 7,5% en 2017 et 9% en 2009. Une évolution positive qui s’explique par la hausse de la prise en charge par les deux financeurs : assurance maladie et organismes complémentaires. Pour ce qui est de la Sécurité sociale, l’augmentation de son intervention dans les remboursements est assez nette : 78,1% en 2018 contre 77,9% en 2017 et 76,3% en 2009, « en raison de la forte progression du nombre de patients pris en charge au titre des Affections de longue durée (ALD) » a souligné Jean-Cyprien Héam. Quant aux organismes complémentaires, « leur participation est marquée par une hausse en 2018 liée surtout au poste de l’optique » a-t-il noté. La part des organismes complémentaires dans les dépenses de santé s’établit ainsi à 13,4% en 2018, contre 13,1% en 2017. 

A propos de l’optique, la DREES a pointé la forte hausse de ce poste en 2018 (+4,6%, contre un recul de -0,7% en 2017), la consommation totale d’optique s’établissant à 6,4 milliards d’euros en 2018. Ceci accompagné d’un double phénomène : une hausse de la prise en charge par les organismes complémentaires (+1,4% en 2018) et une baisse du reste à charge des ménages (-1,2% en 2018), la part des remboursements de l’assurance maladie restant stable à 5%. « Il faut lier cette meilleure prise en charge de l’optique à l’effet de la généralisation de la complémentaire santé en entreprise entrée en vigueur le 1erjanvier 2016. On observe en optique une baisse de la part de marché des contrats individuels au profit des contrats collectifs qui offrent de meilleures couvertures que les contrats individuels. Cela explique la hausse des dépenses de santé en optique cette année : la hausse générale de la dépense est liée à la montée en gamme pour les patients » a analysé le directeur de la DREES, Jean-Marc Aubert.

Pour conclure, la DREES a donné quelques éléments de comparaisons internationales. La France fait ainsi partie, avec l’Allemagne, des pays de l’Union européenne où la dépense courante de santé est la plus élevée. Mais, le reste à charge des ménages y est le plus faible des pays de l’OCDE. Ce qui s’explique par le rôle des organismes complémentaires, originalité française, qui concourent à faciliter l’accès aux soins. La DREES remarque ainsi dans son Panorama : « La part de la dépense restant à la charge des ménages est un peu supérieure à celle constatée en France dans les trois pays scandinaves, en Allemagne et au Japon : les régimes publics ou obligatoires y couvrent pourtant une part plus importante de la dépense qu’en France (84% ou plus) mais les assurances privées non obligatoires une part quasi nulle. » Enfin, les dépenses de santé restent très élevées aux Etats-Unis (17% du PIB) en comparaison des pays de l’Union européenne. A ce sujet, Jean-Marc Aubert a livré un élément d’explication édifiant : « Une consultation médicale coûte 40 euros en moyenne dans l’Union européenne contre 250 $ aux Etats-Unis car les médecins américains doivent rembourser une dette contractée pendant leurs études allant de 500 000 à 700 000 $ ».

Emmanuelle Heidsieck 

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