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Des données instructives sur les dépenses de santé par pathologie

La Caisse nationale d’assurance maladie a présenté le 12 juin sa « Cartographie médicalisée des dépenses de santé », autant dire le poids des dépenses de santé par pathologie. Une analyse poste par poste qui permet de constater une forte augmentation de la dépense en matière de cancer et de diabète et qui pose la question de la soutenabilité de notre système égalitaire et solidaire face aux traitements innovants et coûteux. 

Pour la sixième année, la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) a réalisé une « Cartographie médicalisée des dépenses de santé » qu’elle a présenté mercredi 12 juin, lors d’une conférence de presse. Un travail d’analyse qui permet de connaître précisément le poids des dépenses de santé par pathologie et qui va s’inscrire dans le rapport « Charges et produits » que la CNAM doit rendre à la fin du mois de juin.  « Avec ce recul de six ans, on entrouvre une porte. Avec le temps, on va de plus en plus être capable de définir des grandes tendances et d’identifier des pistes d’action en matière de prise en charge » a affirmé le Pr Olivier Lyon-Caen, médecin conseil national de la CNAM.

Reposant sur l’analyse des feuilles de soins de 58 millions de personnes (9 personnes sur 10), un premier enseignement vient de la répartition des dépenses de santé en 2017 par ordre d’importance : ce sont ainsi les hospitalisations ponctuelles qui génèrent le maximum de dépenses (31,3 milliards d’euros), suivies des maladies psychiatriques ou psychotropes (20,3 milliards d’euros), des cancers (15,6 milliards d’euros), des maladies cardiovasculaires (14 milliards d’euros) et du diabète (7 milliards d’euros). 

Plus finement, et c’est là que cette cartographie est prometteuse, ces données permettent de constater une évolution significative des dépenses sur certains postes entre 2012 et 2017. C’est le cas en matière de cancers dont l’augmentation des dépenses est de 3,1 milliards d’euros (+25%). Une évolution qui résulte « à la fois de la hausse de la population concernée (+188 200 personnes) et des dépenses mobilisées pour la prise en charge » a indiqué Christelle Gastaldi-Ménager, directeur adjoint du département « Etudes sur les pathologies et les patients » de la CNAM. Sur ce dernier point, deux éléments concourent à la hausse de ces dépenses mobilisées : le recours accru à de nouveaux traitements et l’augmentation des prix de certains traitements. 

Un focus a ainsi été fait sur le cancer du poumon qui a connu une forte augmentation des dépenses de 2012 à 2017 (+461 millions d’euros, soit +40,5%) qui s’explique par l’arrivée de nouveaux traitements comme l’immunothérapie (anti-PD1 ou anticorps monoclonaux). De même, le diabète a généré une hausse de la dépense de 802 millions d’euros en 6 ans en raison de la croissance du nombre de patients (+2,7% par an en moyenne) mais aussi du fait du développement de l’insulinothérapie, du poids croissant des soins infirmiers et de l’arrivée de nouveaux dispositifs médicaux (lecteurs de glycémie FreeStyle Libre). 

Dès lors, cette cartographie indique des pistes d’action pour le système d’assurance maladie et pose la question de sa soutenabilité. « Ces premières tendances montrent le poids dans la dépense des nouvelles thérapeutiques et le défi que cela pose si l’on veut garder notre système égalitaire et solidaire » a commenté le Pr. Lyon-Caen tout en précisant : « C’est à ceux qui sont en charge de la politique de santé de se saisir de ces données ». Pour Christelle Gastaldi-Ménager : « Pour réguler le système face à de telles données, le levier principal est certainement le prix des médicaments avec un enjeu majeur : les nouveaux traitements contre le cancer. »

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