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[PODCAST] AUX ORIGINES DE L'ENGAGEMENT « Je prends soin de ceux qui soignent », Martine, 50 ans, militante mutualiste

Dans le cadre de notre série de podcasts sur les origines de l’engagement, nous sommes partis à la rencontre de militants mutualistes. Voici le portrait sonore de Martine. Vêtue de son ancienne blouse d’aide-soignante, elle nous attend devant l’entrée d’un hôpital à Villiers-le-Bel, aujourd’hui à l’abandon.

L’ancienne aide-soignante s’est pourtant battue pour éviter la fermeture de cet établissement du Val-d’Oise, où elle a travaillé et milité pendant vingt-cinq ans.

Un combat sur les barricades

« Je n’étais pas revenue devant l’hôpital depuis sa fermeture définitive en 2021. J’y suis entrée il y a presque trente ans comme aide-soignante. Mes filles sont allées à la crèche ici. C’était un établissement très familial, qui employait plus de 750 personnes. Aujourd’hui, c’est un site à l’abandon.

Pourtant, avec mes collègues et d’autres militants syndicalistes et mutualistes nous avons tout fait pour éviter cela. Notre combat aura duré six ans. Nous avions formé des barricades devant l’entrée, avec des lits usagés devant lesquels nous organisions des conférences de presse pour dénoncer l’arrêt de cet hôpital public. L’annonce de la fermeture a été d’une extrême violence pour tous les salariés. Peu de temps après, nous avons eu l’immense douleur de perdre l’un de nos camarades qui s’est suicidé. »

Vêtue de son ancienne blouse blanche d’aide-soignante, Martine nous attend devant l’entrée d’un hôpital à Villiers-le-Bel, dans le Val-d’Oise. Le site de huit hectares est aujourd’hui à l’abandon. Elle s’est pourtant battue pour éviter la fermeture de cet établissement, où elle a travaillé et milité pendant vingt-cinq ans. © Magali Delporte

Sourires d’enfants

« Quand j’ai appris que l’établissement fermait, j’ai fait tout mon possible en tant que militante mutualiste et syndicaliste pour accompagner mes collègues. J’aidais ceux qui avaient trouvé un poste dans un autre établissement, en m’assurant que leurs droits étaient bien respectés. Et en demandant aux camarades présents sur les différents sites où ils allaient se rendre de leur réserver un accueil particulier.

Je m’occupais aussi de l’accès aux loisirs pour les gens en difficulté. Je me souviens notamment d’une collègue, mère célibataire, dont les enfants n’étaient pas allés en vacances depuis quatre ans. Lorsque je lui ai annoncé qu’ils allaient enfin pouvoir partir, elle m’a dit que le premier sourire de ses enfants sur la plage serait pour moi. Cette image m’a particulièrement émue. »

Le mutualisme comme trajectoire de vie

« Les événements liés à la fermeture de l’hôpital ont bien sûr encore attisé mon engagement syndicaliste et mutualiste. Mais j’ai commencé à militer dès mon arrivée dans l’établissement. Car très vite, je me suis rendu compte que les droits des soignants étaient bafoués. Les horaires décalés, le cumul des gardes et l’exigence de rentabilité les obligent à courir en permanence. Alors qu’ils avaient tous l’amour de la blouse-blanche, ils se voient devenir maltraitants malgré eux. J’ai eu envie de prendre soin d’eux, soin de ceux qui soignent.

Depuis la fermeture, je continue à militer pour eux : je suis devenue présidente de la mutuelle complémentaire de la Ville de Paris, destinée notamment aux personnels de l’assistance publique. Ces fonctions me permettent de poursuivre le combat mutualiste pour l’accès aux soins et la défense des droits des soignants. »


LES PODCASTS DE LA SÉRIE SUR LES ORIGINES DE L’ENGAGEMENT ET TOUS LES TÉMOIGNAGES DES MILITANTS MUTUALISTES SONT A RETROUVER EN CLIQUANT SUR CE LIEN OU SUR L’IMAGE CI-DESSOUS.

Pourquoi a-t-on un jour envie de s’engager ? Pour quelles causes ? A travers quelles actions ? La rédaction de Viva est allée poser la question aux militants mutualistes. Une série à lire et à écouter en podcasts. Martine, Pierre, Argentine, Annaël et Michel ont bien voulu raconter leur histoire. Ils sont âgés de 29 à 70 ans et viennent de toute la France. L’origine de leur engagement est à chaque fois différente, mais tous sont animés par la même conviction.

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