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Les espaces mutualistes de demain

Dans l’atelier intitulé « Les espaces mutualistes de demain : des lieux repensés pour de nouveaux liens », il s’agissait de répondre à la question cruciale, comment les mutuelles peuvent-elles davantage aller vers l’adhérent ?

Comme l’a indiqué la vice-présidente des Mutuelles de France, Carole Hazé, « la crise sanitaire et le confinement ont réinterrogé la capacité des mutuelles à maintenir un lien avec leurs adhérents. Est-ce qu’on n’a pas pris un peu trop de distance dans la manière de les accompagner ? Les espaces mutualistes devraient donner à voir ce que nous sommes, soit des acteurs de solidarité et de lien social ». 

Pour parvenir à cette reconquête des adhérents, l’espace mutualiste est ainsi un atout qui mérite d’être développé et enrichi. Dans cette perspective, l’atelier a donné la parole à Aurélien Denaes, spécialiste du concept de tiers-lieu coopératif et notamment co-fondateur du tiers-lieu Casaco à Malakoff. Un modèle d’espace qu’il a défini ainsi : « C’est un espace public où l’on peut se rencontrer, où des publics viennent pour des raisons différentes (cela peut être du travail en co-working, un bar, un restaurant, des animations, des ateliers…), où il s’agit de créer de la vie, de la mixité sociale et où l’on se réapproprie sa vie par de l’engagement solidaire, politique ou syndical sur un territoire ». 

Dès lors, comment les mutuelles peuvent-elles s’inspirer du modèle de tiers-lieu, « en évitant l’écueil de la maison des pauvres », comme l’a précisé Carole Hazé ? Pour Aurélien Denaes, il faut comprendre que le maître mot de cette notion de tiers-lieu est le « commun », ce qui indique que le mutualisme, fondé précisément sur la mise en commun, est particulièrement bien placé pour prendre exemple sur ces lieux coopératifs qui essaiment depuis quelques années. 

Seulement, il y a pour l’avenir des enseignements à tirer de ces expériences de tiers-lieu. Comme de nombreux délégués l’ont indiqué, les espaces mutualistes sont souvent trop « cloisonnés » ou trop centrés « sur leur démarche commerciale ». Un délégué a par exemple cité son centre mutualiste où les activités sont cloisonnées (centre dentaire, optique, association amiante, accueil) et où il faudrait repenser l’activité pour que les gens viennent discuter de la cité. 

Comment, dans ces conditions, évoluer et inventer l’espace mutualiste de demain ? Au vu des nombreuses interventions, un ensemble de pistes s’est dégagé qui pourraient réellement renouveler le modèle de l’espace mutualiste et renouer le lien aux adhérents, avec comme objectif de créer de la vie autour du projet des mutuelles : l’espace mutualiste de demain devrait ainsi encore plus répondre à l’idée d’éducation populaire, permettre la réappropriation de la santé, être des lieux où l’on peut trouver de l’aide.  Une ambition qui implique, selon Carole Hazé, « de travailler la culture de l’accueil, de miser sur l’ancrage dans le territoire pour ré-enchanter le modèle mutualiste et être plus attractif, mais aussi de mettre en place des processus facilitant les rencontres de publics divers dans les centres – au besoin en prévoyant une fonction d’animation – et également de s’impliquer dans d’autres lieux associatifs ou des services publics existant sur le territoire ».  

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