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« Nous aurions pu tirer les leçons de la crise du VIH »

Dans le cadre de son Congrès de Brest, les Mutuelles de France ont organisé un atelier sur le thème : «Répression et culpabilisation en santé publique : les leçons de l’épidémie du VIH »?  Pour la gestion de la crise de la Covid-19, en effet,les similitudes avec l’épidémie du VIH sont frappantes…

Aurélien Beaucamp, président de l’association Aides, était annoncé pour apporter son expertise, et le recul militant nécessaire. La situation sanitaire en a décidé autrement. C’est Nicolas Souveton, administrateur fédéral des Mutuelles de France qui, au dernier moment, au pied levé, l’a remplacé. Devant le rappel chronologique  projeté sur le tableau blanc, les participants opinent du chef : les similitudes avec l’épidémie du VIH sont frappantes et appellent une première réflexion de l’animateur, en guise d’introduction : « On aurait dû tirer les leçons ce cette épidémie qui, en 1994, était la première cause de mortalité chez les jeunes hommes, aux Etats-unis. Pas du tout. On reproduit les mêmes erreurs. Et pire ! On n’a pas tiré les leçons de la première vague… » L’exécutif est vite montré du doigt : « Quand on ne sait pas, on se tait, juge l’un des participants. Masque, pas masque, ces dernières semaines, on a entendu tout et son contraire. Comment alors gagner la confiance de la population ? » Et d’autres de fustiger le règne du vaccin tout puissant : « Ce n’est pas le vaccin qui soigne, mais les connaissances accumulées. » Ou : « On est une société qui a la culture du curatif, pas du préventif. Et vu l’état de notre hôpital public, il n’est même plus possible de soigner. » 

Passée la gronde, les pistes émergent, sur le modèle de la gestion de l’épidémie du VIH : « On l’a bien vu, la peur et la culpabilisation, ça ne fonctionne pas. Il faut recréer des discours de prévention publique et mettre le citoyen-malade-expert au cœur de la réflexion. C’est un travail éducatif sur le long terme. »  Comme l’usage du préservatif. Le représentant d’une mutuelle étudiante rappelle qu’une récente étude montre que l’usage du petit bout de caoutchouc, chez les jeunes, recule. Rien n’est acquis. Adopter durablement des gestes de prévention, c’est du temps et de l’énergie. Une femme (enfin !) ose : « Ce que l’on peut faire collectivement pour se protéger, faisons-le. C’est proche de nos valeurs mutualistes, non ? » Sa voisine, en décrivant la ligne 13 du métro parisien bondé, modère : «  Encore faut-il donner les moyens aux citoyens de mettre en œuvre les mesures qu’on leur impose… » 

Prendre des décisions, mais aussi engendrer des combats citoyens, tous les participants l’appellent de leurs vœux.

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