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Pour la FMF, « il faut rebâtir les fondations de la Sécu »

La Fédération des mutuelles de France (FMF) se saisit de la caisse de résonance offerte par la période électorale pour faire entendre les idées mutualistes. La restructuration du système de protection sociale, en termes de volume mais également de garanties d’une protection apportée à tous, était au cœur des débats de son colloque annuel. Éric Chenut, nouveau président de la Mutualité française, a témoigné son soutien à la FMF en se rendant en personne à l’invitation de Jean-Paul Benoit.  

« La grande Sécu ? Encore un slogan de la part du gouvernement », a averti le président des Mutuelles de France à l’occasion d’un colloque sur la Sécurité sociale organisé par la fédération lundi 8 novembre à Paris. Devant une centaine d’adhérents de la FMF réunie pour l’événement, Jean-Paul Benoit a insisté sur l’altération manifeste du principe d’universalité de la Sécurité sociale, « même pour les hospitalisations, pourtant réputées comme étant bien remboursées… Les problèmes de solidarité ont en effet été significatifs pendant la crise sanitaire liée au Covid. Pour les patients en soins intensifs ou en réanimation, le ticket modérateur fixé à 20 % du tarif d’hospitalisation pouvait faire monter la note à plusieurs dizaines de milliers d’euros ! Laisser un individu s’affranchir d’une telle somme en cas d’infection démontre un véritable problème de couverture des soins », a alerté le président de la FMF. 

La population n’est plus intégralement couverte

Pour Jean-Paul Benoit, la déconstruction de la Sécurité sociale est aujourd’hui systémique : « Nous sommes arrivés à un tel niveau de désorganisation globale qu’il faut aujourd’hui rebâtir les fondations de la Sécu. Aller plus loin encore qu’une Sécurité sociale au plus haut niveau, principe que nous défendions jusqu’à présent. La question n’est plus seulement quantitative, mais également qualitative ». Le président d’Oxance est lui aussi revenu sur la partialité du système de la Sécu en expliquant que la population n’était plus intégralement couverte. « Seuls 70 à 80 % des individus ont des droits. Il existe donc une part importante de personnes qui se retrouvent en dehors de tous les systèmes de protection sociale et qui n’ont aucun droit. » 

« Il faut aller plus loin encore qu’une Sécurité sociale au plus haut niveau, principe que nous défendions jusqu’à présent. La question n’est plus seulement quantitative, mais également qualitative. » 

Jean-Paul Benoit, président des Mutuelles de France.

La pandémie a été particulièrement révélatrice de ces inégalités sociales et notamment pour les « emplois informels. Ceux que l’on nomme un peu trop facilement “uberisés”, qui consistent à faire des missions à la tâche. Si ces personnes réussissaient jusqu’à présent à survivre, à trouver des solutions, elles se sont retrouvées sans rien au moment des confinements, car l’emploi informel n’ouvre pas de droit à la Sécurité sociale ni au chômage partiel. Malgré les amortisseurs sociaux enclenchés par l’Etat, ils étaient totalement en dehors du système », a démontré Nicolas Souveton en insistant à son tour sur la nécessité de garantir l’universalité de la Sécurité sociale. Pour le vice-président de la FMF, la réorganisation doit se faire en prenant compte des « nouvelles réalités » de la société, comme le recul inévitable du nombre de médecins qui vient s’ajouter au problème persistant des déserts médicaux. A quelques mois des présidentielles et législatives, le président d’Oxance a invité l’ensemble des mutualistes à profiter de la « caisse de résonance » offerte par cette période électorale pour faire entendre la voix des mutuelles.

53 % du budget de la Sécu financé par les ménages

Le financement de la Sécurité sociale était également l’un des points-clés du colloque organisé par la FMF. La secrétaire générale des Mutuelles de France est revenue sur le délitement du budget de la Sécu : « Il est aujourd’hui nécessaire de l’augmenter mais aussi de le rendre plus juste. Il est actuellement financé à 53 % par les ménages et repose également sur les petites entreprises, puisque le calcul des cotisations est fait sur la base de la masse salariale. Ce que nous proposons est d’élargir l’assiette des cotisations sociales ». Parmi les pistes avancées par la fédération, Pascale Vatel a énoncé celle de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, qui ramènerait « immédiatement et inévitablement des financements à la Sécurité sociale. »

Eric Chenut renforce le dialogue entre la FNMF et la FMF

Quelques semaines après son élection début octobre à la présidence de la Mutualité française, Éric Chenut répondait à l’appel de la Fédération des mutuelles de France (FMF) en venant assister au colloque sur la Sécurité sociale. A la tribune, le représentant de la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF) a manifesté son envie de renforcer le dialogue et les échanges entre les deux fédérations : « Il faut que nous nous accordions sur ce qui fait notre raison d’être, ensemble et en mutualité, sur les composantes du mouvement mutualiste ». Le président de la FNMF a également témoigné de son envie de participer aux prochaines rencontres organisées par la FMF dès que son agenda le lui permettrait.

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