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Un « Pacte de refondation » pour les Urgences

Alors que 250 sites sont en grève à travers tout le pays, la ministre de la santé a présenté lundi, une série de mesures sur trois ans. Mais sans lits ni effectifs supplémentaires, il ne convainc pas les personnels soignants en grève.

Agnès Buzyn a présenté lundi 9 septembre son « Pacte de refondation » pour les Urgences. Les douze mesures du plan, doté de 754 millions d’euros sur la période 2019-2022, dont 150 millions d’euros pour l’année 2020 viennent en complément des mesures prises avant l’été pour un montant de 70 millions d’euros (dont 50 millions sont destinés à financer une prime de risque mensuelle de 100 euros net pour les paramédicaux des urgences).

Un service d’accès aux soins (SAS) sera mis en place d’ici à l’été. Celui-ci sera accessible par téléphone ou par Internet et devrait permettre d’obtenir vingt-quatre heures sur vingt-quatre un conseil médical et paramédical, de prendre rendez-vous pour une consultation avec un médecin généraliste dans les vingt-quatre heures, de procéder à une téléconsultation, d’être orienté vers un service d’urgences ou de recevoir une ambulance.

Ce numéro sera-t-il lié au 15 ou prendra t-il la forme d’un second numéro complémentaire comme le réclament le syndicat des généralistes MG France. La question n’est pas encore tranchée.

Cinquante maisons médicales de garde accueillant des médecins libéraux seront financées d’ici à la fin de l’année près des services d’urgences totalisant plus de 50 000 passages par an. D’ici à la fin de l’année, tous les médecins de garde devraient disposer de terminaux permettant de pratiquer le tiers payant sur la part « sécu ». 

« Nous travaillons pour que ce tiers payant s’élargisse en 2020 à la part complémentaire santé » a expliqué Agnès Buzyn, Ministre de la Santé

Des « examens de biologie médicale simples et automatisés » seront possibles dans des cabinets libéraux, avec des résultats accessibles dans des délais courts.

Enfin, des filières d’accès directs à l’hôpital pour les personnes âgées seront créées. Elles permettront d’éviter à ces populations fragiles un passage par les Urgences.

Le plan d’Agnès Buzyn ne contient aucune annonce de réouverture de lits ou de revalorisation salariale, comme le réclament les infirmiers et les aides-soignants en grève réunis dans le collectif Inter Urgences. Le syndicat des Urgentistes et la CGT santé ont immédiatement réagi et fait part de leur déception. Il y a aujourd’hui encore 250 services d’Urgences en grève.

Anne-Marie Thomazeau
Rédactrice en chef adjointe du magazine Viva, Anne-Marie Thomazeau est spécialisée dans la protection sociale et l’économie de la santé.

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